Ce site est le complément interactif du livre de Gilles Gauvin et Fabrice Urbatro : "Les grandes dates de l'histoire de La Réunion" (Epsilon éditions, 2013).

Les grandes dates de l'histoire de La Réunion
En savoir plus

La langue créole

La question du créole à l’école ou celle de la graphie du créole peuvent encore déclencher de véritables guerres de tranchées. Après avoir longtemps cherché à effacer les particularismes linguistiques la République française a peu à peu changé son approche des langues régionales. Tout en affirmant que « la langue de la République est le français » (article 2) la Constitution souligne que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France » (article 75-1). Si la France n’a toujours pas ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, il n’en reste pas moins qu’il existe un Capes de créole, des classes élémentaires bilangues et des classes de Langue et culture régionale dans le secondaire.

JOUER

MOTS CLES :
Patois
Constitution
Langue régionale
Charte européenne
Capes de créole

Patois

Le terme longtemps usité est aujourd’hui délaissé par les linguistes. En effet, depuis le XVIIIe siècle le mot a pris une connotation péjorative pour désigner toutes les formes linguistiques utilisées par des Français sur le territoire national. L’idée ayant été pendant très longtemps de faire disparaître ces patois, associés durant les années révolutionnaires à la Réaction, ou d’affirmer qu’il s’agissait purement et simplement d’un Français déformé.

Constitution

Texte de loi qui organise les institutions d’un Etat. L’actuelle constitution de la Ve République française date de 1958 et a été rédigée sous la direction de Michel Debré, premier Premier ministre du Général de Gaulle de 1959 à 1962 et député de La Réunion de 1963 à 1988

Quelle place pour les langues régionales dans la Constitution française ?
Dans son article 2 la Constitution de 1958 affirme : « la langue de la République est le français ». Il n’existe donc qu’une seule langue officielle sur le territoire français. Cependant, l’article 75-1, résultant d’une modification constitutionnelle de 2008 ajoute : « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ».

Langue régionale

C’est en 1951, avec la loi Deixonne, relative à l’enseignement des langues et dialectes locaux, que l’Etat français commence à prendre véritablement en compte la question des langues régionales en reconnaissant le droit à l’enseignement du basque, du catalan, du breton et de l’occitan.
Depuis, la liste des langues régionales s’est étendue et un rapport rendu au gouvernement de Lionel Jospin en 1999 recensait 75 langues auxquelles pourrait s’appliquer en France la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.
A La Réunion, depuis 2001, il est possible de proposer dans le Primaire un enseignement bilingue créole – français et dans le secondaire une option « langue et culture régionale ».

Charte européenne

Il s’agit d’une convention de 1992, impulsée par le Conseil de l’Europe, et destinée à promouvoir ces langues, qui font partie du patrimoine culturel européen, dans la sphère privée, comme dans la sphère publique.
Les Etats de l’Union Européenne sont invités à signer ce texte, même s’ils ne possèdent pas sur leur territoire de langues régionales ou minoritaires (c’est par exemple le cas du Luxembourg).

La France a signé cette Charte, mais ne l’a pas ratifiée car le Conseil Constitutionnel a estimé en 1999 a estimé que son contenu était contraire à l’article 2 de la Constitution qui stipule que « la langue de la République est le Français ». L’article 75-1 ajouté à la Constitution en 2008 reconnait cependant que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ».

Capes de créole

En 2001, le gouvernement de Lionel Jospin a instauré la création d’un Capes de créole, qui est un examen bivalent c’est-à-dire comportant la validation de capacités pour enseigner le créole, mais aussi une autre discipline.

Haut de page

Pour en savoir plus :

• GAUVIN Axel, L’écriture du créole réunionnais. Les Indispensables compromis, UDIR, 2004.
• GUNET Armand, Le grand lexique créole de l’île de La Réunion, Azalées Editions, 2003.
• HONORE Daniel, Dictionnaire d’expressions créoles. Semi-lo-mo, UDIR, 2002.
• ARMAND Alain, Dictionnaire Kréol rénioné - Français, Océan Editions, 1987.

Bandes dessinées
• HERGE, PAYET André, Tintin, Flèr Lotus bleu, Epsilon BD, 2011.
• BINET, GAUVIN Axel, Messié madame Bidochon dann zot lauto, Epsilon BD, 2012.
• MORRIS, IAFARE-GANGAMA Teddy, Lucky Luke, Billy the kid lo dézordèr, Epsilon BD, 2010.
• ROBA, VERRON, GRONDIN Anny, Boule ek Bill, mon pli gran dalon, Epsilon BD, 2009.

Sites internet
Présentation de Lofis la lang Kréol La Rénion
Le Boucan (portail de l’histoire de La Réunion)

Haut de page