Ce site est le complément interactif du livre de Gilles Gauvin et Fabrice Urbatro : "Les grandes dates de l'histoire de La Réunion" (Epsilon éditions, 2013).

Les grandes dates de l'histoire de La Réunion
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1964 : lancement de la télévision à La Réunion

La télévision est officiellement lancée à La Réunion le 24 décembre 1964. Dans le discours d’inauguration qu’il prononce le 31 janvier 1965, Alain Peyrefitte, ministre de l’Information souligne que le père Noël s’appelle Michel Debré, élu député en 1963. Il est vrai que ce dernier a usé de son poids politique pour que les Réunionnais puissent enfin accéder à ce média, de même qu’en 1976 il obtiendra l’implantation de la télévision couleur. Mais il est vrai également qu’en Métropole comme à La Réunion, la télévision, comme la radio, sont à cette époque un outil de propagande au service du gouvernement qui en a le monopole. Il fallut d’ailleurs attendre la victoire de François Mitterrand en 1981 pour que les représentants du Parti Communiste Réunionnais puissent s’exprimer sur les ondes.

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MOTS CLES :
Ministre de l'Information
Monopole
Satellite
TNT
Internet

Ministre de l'Information

Ce ministère apparaît en 1938, sous la IIIe République. Il est maintenu sous l’Etat français du Maréchal Pétain (1940-1944) et sera intégré aussi à l’organisation gouvernementale de la IVe République. Le général de Gaulle, en fondant la Ve République en 1958 confie à ce ministère une véritable réorganisation de la radiotélévision en France. Comme pour la radio, le rôle assigné à la télévision naissante par le pouvoir est de distraire, de diffuser la culture et d’informer conformément aux intérêts du Gouvernement. Ce ministère ne manqua donc pas d’être dénoncé par les opposants au général de Gaulle comme un véritable ministère de la propagande. Il fut supprimé en 1969, lorsque le Général décide de quitter le pouvoir, puis brièvement rétablit entre 1973 et 1974.

La télévision en France

La France fut, après les Etats-Unis et l’Angleterre, le troisième pays à expérimenter la télévision. Les premières émissions régulières débutèrent en 1938 grâce à un émetteur placé sur la tour Eiffel. Après la Seconde Guerre mondiale, les émissions reprennent lentement. En 1948, date à laquelle on retransmet pour la première fois l’arrivée du Tour de France, il n’y a que 5 000 téléviseurs en France. Par ailleurs, radio et télévision sont alors un monopole d’Etat et en 1949 la Radiodiffusion française (RDF) intègre la télévision en devenant la Radiodiffusion-télévision française (RTF). En 1958 la télévision touche encore moins de 10% des foyers français, mais les années gaulliennes marquent véritablement l’entrée de la télévision dans les foyers français. En 1970 on est en effet passé à 70% des ménages équipés en téléviseurs. La 2e chaîne est inaugurée en 1964 et émet en couleur en octobre 1967. En 1973 est lancée la 3e chaîne et trois ans plus tard la 1ère chaîne est dotée à son tour de la couleur.
En 1964 le pouvoir créé l’Office de la radio-télévision française (ORTF) et la télévision devient clairement un relais d’information pour le régime gaulliste, même si on peut constater qu’au milieu des années 60 il existe des magazines, en particulier sur la 2e chaîne, qui se montrent plus indépendant du pouvoir que ne l’est l’information. Après la victoire du centriste Valéry Giscard d’Estaing en 1974, l’ORTF est éclatée en sept sociétés autonomes et on organise une concurrence entre les chaînes publiques (TF1, Antenne 2 et FR3). La fin du monopole de programmation d’Etat sera décrétée par la loi du 29 juillet 1982, mais le pouvoir garde néanmoins plus de contrôle sur la télévision que sur la radio… Le basculement de la majorité à droite en 1986 est l’occasion d’une nouvelle loi autorisant la privatisation des chaînes publiques. Depuis le début des années 1990 il existe donc un secteur public et un secteur privé et la compétition entre les chaînes de deux secteurs, à travers l’audimat, est devenue la règle de fonctionnement. Il reste bien un Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) dont les membres sont désignés par les représentants de l’Exécutif (3 par le Président de la République, 3 par celui de l’Assemblée nationale et 3 par celui du Sénat), mais l’intervention du politique sur l’information aujourd’hui tient plus du relationnel que des interventions directes.

Monopole

Privilège exclusif.

Satellite

Engin lancé dans l’espace à une vitesse suffisante pour décrire une révolution autour de la terre ou d’une autre planète.

La conquête spatiale est une des conséquences de la concurrence que se jouent les Etats-Unis et l’URSS au plus fort de la guerre froide. Le premier satellite artificiel, baptisé Spoutnik (« compagnon de voyage ») est lancé le 4 octobre 1957 par les soviétiques. D’un diamètre de 80 cm et d’un poids de 83,6 kg il est mis en orbite à 900 km d’altitude. Le 3 novembre l’opération est renouvelée, mais cette fois le satellite transporte la chienne Laïka (qui meurt au cours du voyage, ce que les autorités du pays ne le reconnaîtront qu’en 1997). De leur côté les Américains mettront en orbite le premier satellite de télécommunication, Echo, en 1960.

Un satellite géostationnaire se trouve à la verticale de l’Equateur, situé à 35 786 km d’altitude et tourne à la vitesse de la terre, ce qui lui donne une impression d’immobilité. Cela est très important pour les satellites de télécommunication ou de télévision car cela permet aux régions terrestres qui reçoivent leurs émissions de ne pas avoir d’interruption !

TNT

Acronyme de Télévision Numérique Terrestre. L’utilisation du numérique, au lieu du traditionnel analogique permet de faire passer, par la même « antenne râteau » plusieurs chaînes par fréquence au lieu d’une seule.

C’est en 1996 que le gouvernement français initie un rapport qui conclut à la faisabilité de la TNT. Avec l’accord du CSA, une première expérimentation est mise en œuvre par Télédiffusion de France (TDF) en 1998 en Bretagne. Un rapport rendu au gouvernement en avril 1999 souligne le caractère inéluctable du passage au numérique dans la télévision. Les obligations des futures chaînes de la TNT sont ensuite publiées au Journal Officiel en juillet 2001. En décembre 2003, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) annonce alors officiellement le démarrage de la TNT entre décembre 2004 et mars 2005. Le 31 mars 2005 marque le démarrage en France de l’offre TNT gratuite (constituée de 14 chaînes) et cela concerne alors environ 35% de la population française. A partir du 5 mars 2008, il y a obligation pour les téléviseurs vendus en France d’intégrer un adaptateur TNT. Le 2 février 2010, l’Alsace et la première région à basculer dans le « tout numérique », le Languedoc-Roussillon étant la dernière, le 29 novembre 2011.

Internet

Réseau informatique qui permet de relier des ordinateurs du monde entier. On accède à ce réseau par des connexions filaires ou sans fil. Le sigle www désigne le world wide web (« toile d’araignée mondiale ») c’est-à-dire le système public qui permet de naviguer sur internet.

L’idée de mettre en réseau des ordinateurs remonte au début des années 1960, en pleine guerre froide. L’US Air Force cherche alors à mettre au point un réseau de communication capable de résister à une attaque nucléaire. L’informaticien américain Paul Baran, en 1964, imagine le système décentralisé du réseau en forme de toile, avec plusieurs itinéraires possibles pour l’information. Parallèlement à la recherche militaire, un réseau expérimental baptisé ARPANET est mis en service en 1969 afin de relier quatre universités américaines. Le courrier électronique est mis au point en 1971 et dès l’année suivante on présente le premier système de messagerie en faisant la première démonstration publique d’ARPANET. La suite n’est qu’une succession d’améliorations et d’innovations technologiques permettant d’aboutir à l’internet d’aujourd’hui. En 1983 ARPANET utilise ainsi le système dit TCP/IP qui permet d’interconnecter des réseaux différents. Et c’est en 1989 que le chercheur Tim Berners-Lee imagine le système de la « navigation » internet grâce à des liens hypertextes et à un navigateur. Ce sera chose faite au début des années 1990, en particulier grâce à l’action du World Wide Web Consortium géré par des universités américaines, européennes et japonaises.

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Pour en savoir plus :

• COMBEAU Yvan, MAESTRI Edmond, Histoire de La Réunion de la colonie à la région, Nathan, 2002.
• COMBEAU Yvan, La vie politique à La Réunion. 1963-1983, SEDES-Université de La Réunion, 2003.
• COMBEAU Yvan (dir.), L’île de La Réunion dans le XXe siècle. Un itinéraire français dans l’océan Indien. Colonie. Département. Région, CRESOI-Université de La Réunion, 2009.
• MAESTRI Edmond, NOMDEDEU-MAESTRI, Chronologie de La Réunion. De la départementalisation à la loi d’orientation, CRESOI-SEDES, 2001.
• VAXELAIRE Daniel, Le grand livre de l’histoire de La Réunion, vol.2 de 1848 à l’an 2000, Orphie Editions, 2009.

Sur la politique de Michel Debré à La Réunion
• ASCARIDE Gilles, SPAGNOLI Corine, VITALE Philippe, Tristes tropiques de la Creuse, K’A, 2004.
• BERTILE Wilfrid, Une communauté invisible. 175 000 Réunionnais en France métropolitaine, Karthala, 1996.
• GAUVIN Gilles, Michel Debré et l’île de La Réunion : une certaine idée de la plus grande France, Septentrion, 2006.
• JABLONKA Yvan, Enfants en exil. Transfert de pupilles réunionnais en métropole (1963-1982), Seuil 2007.

Sur la presse à La Réunion
• IDELSON Bernard, Histoire des médias à La Réunion de 1946 à nos jours, Université de La Réunion – Le publieur, 2006.
• TECHER Karine, SERVIABLE Mario, Histoire de la presse à La Réunion, ARS Terres Créoles, 1991.

Vidéo de l’INA sur La Réunion des années 1950

Sites internet
Site de l’INA (Institut national de l’audiovisuel)
Site du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel)
Le Boucan (portail de l’histoire de La Réunion)

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