Ce site est le complément interactif du livre de Gilles Gauvin et Fabrice Urbatro : "Les grandes dates de l'histoire de La Réunion" (Epsilon éditions, 2013).

Les grandes dates de l'histoire de La Réunion
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1930 : le premier film tourné à La Réunion

Le 26 décembre 1930, André Albany, âgé alors de 26 ans, s’élance avec neuf compagnons vers la Fournaise afin d’y tourner un film destiné à promouvoir l’île lors de l’exposition coloniale qui doit se tenir à Vincennes en 1931. Malgré un temps fortement dégradé par l’approche d’un cyclone, le groupe reviendra de son expédition le 31 décembre avec dans ses bagages la première vue panoramique du volcan jamais filmée. Albany filmera par la suite de très nombreux événements comme, en 1933, le vol du premier avion basé dans l’île.

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MOTS CLES :
Cinéma muet
Exposition coloniale
Cinéma itinérant
La sirène du Mississipi
Multiplexe

Cinéma muet

L’histoire du cinéma est directement liée aux progrès de l’ère industrielle. On considère que ce sont les frères Lumière qui, le 28 décembre 1895, réalisent la première projection publique et payante du cinématographe moderne. Ils proposent aux spectateurs dix films très courts, dont « La sortie de l’Usine Lumière à Lyon » et « Le jardinier » (sketch de l’arroseur arrosé amené à avoir une grande postérité…).

En moins de dix ans, le cinéma devient une industrie qui s’affirme même en 1908 comme le 7e art. On quitte en effet le documentaire pour s’engager vers la fiction. C’est durant la Première Guerre mondiale que nait le personnage de Charlot incarné par Charlie Chaplin, icône du cinéma muet. L’entre-deux-guerres marque l’apogée du muet et fait de Hollywood la capitale du cinéma mondial. « Le chanteur de Jazz », datant de 1927 est considéré comme le premier film parlant, même si on en est encore aux premiers balbutiements, mais très vite dans les années 1930 les grandes productions – dont celles de Chaplin – se mettent au parlant, en particulier aux Etats-Unis ou en Angleterre. Il faut attendre cependant les années 1950 pour que le muet s’efface définitivement face au cinéma parlant.

Exposition coloniale

Exposition proposant au grand public des reconstitutions grandeur nature de monuments ou d’habitations coloniales avec pour objectif de montrer les richesses apportées par les colonies à sa métropole.

Cette pratique trouve son origine à la fois dans la tradition des foires, héritée du moyen-âge, dans l’esprit de classification hérité des Lumières du XVIIIe siècle et dans la volonté d’exposer les nouveautés technologiques avec la Révolution industrielle du XIXe siècle. En 1851, la première exposition universelle organisée par l’Angleterre présente déjà une section coloniale. Il en sera de même à l’exposition universelle de Paris en 1889 (pour laquelle fut inaugurée la tour Eiffel).

L’idée de créer des expositions exclusivement consacrées aux colonies est née lors de l’exposition universelle de Lyon en 1894. La traditionnelle section coloniale de cette dernière est en effet financée de manière autonome. La première exposition coloniale a ensuite lieu à Marseille en 1906, puis fut renouvelée dans la même ville en 1922 avant la grande exposition coloniale de Paris, en 1931 qui reçut 8 millions de visiteurs. La contre-exposition organisée par le PCF en même temps, n’attira quant à elle que 5 000 visiteurs… Il faut dire que des moyens énormes ont été mis en œuvre à la porte de Vincennes pour recréer le temple d’Angkor (Cambodge) ou encore la grande mosquée de Djenné (Mali) construite en terre crue.

Cinéma itinérant

La diffusion du cinéma sur le territoire français s’est faite, un peu à la manière de celle du théâtre. En dehors des centres urbains, c’est à travers le passage de projectionnistes itinérants que les espaces ruraux, en particulier dans les territoires enclavés en montagne, découvrent ce loisir.

C’est au début des années 1980 que le cinéma itinérant prend une dimension institutionnelle avec la signature par le ministère de la Culture, dirigé par Jack Lang, de nombreuses conventions avec les associations d’éducation populaire. L’objectif est de maintenir l’accessibilité au cinéma pour les habitants des territoires ruraux. De nombreux circuits disparaissent en effet dans cette décennie du fait des évolutions techniques (passage du 16 au 35 mm) et du développement des magnétoscopes individuels. En 2012, l’association nationale des cinémas itinérants voit le jour pour maintenir cette action importante de l’aménagement du territoire à l’heure du passage au numérique.

Le cinéma venait chez nous (par Enis Rockel)

« Il fut un temps dans notre histoire, qu’au lieu d’aller au cinéma, c’est le cinéma qui venait chez nous ! Dans les années 1950, circulait un peu partout dans l’île le camion de monsieur Hautbois, un camion pas très grand, qui portait sur les flancs l’inscription : « Je suis partout ». On peut dire que, presque tous les citadins connaissaient déjà le cinéma ambulant de monsieur Hautbois, mais, parmi ceux qui habitaient dans les Hauts, dans les écarts non desservis par une route carrossable, bien peu sont eux qui, un jour ou l’autre, ont pu voir un film de cinéma.
« En début d’après-midi le « Je suis partout » stationnait sur la place de la mairie et, pour les enfants qui étaient là, le spectacle commençait déjà. On en sortait des rouleaux de câbles électriques ; deux énormes hauts parleurs en forme de cornets géants ; plusieurs caisses contenant des outils et des matériels divers ; des échelles de tailles différentes ; des courroies réunies par une ficelle, plusieurs boîtes rondes et un gros cric sur un socle de bois. On descendait aussi du camion une dynamo fixée dans un cadre.
« Une fois tout ce matériel déposé, monsieur Hautbois installait sur un trépied une espèce de valise carrée noire, équipée de deux bras qui tenaient une grosse loupe à l’avant. Des hommes grimpaient sur les échelles appuyées contre le mur de la mairie, et y dressaient à l’aide des cordes, une immense toile blanche qui servirait d’écran.
« On posait alors le cric sous l’arrière du camion, on le soulevait, on remplaçait l’une de ses roues par une jante démunie de pneu ; on y passait une courroie qui était reliée à la poulie de la dynamo, à quelques mètres de là. Lorsque tout le système était en place, monsieur Hautbois mettait en route le moteur du camion, enclenchait une vitesse et faisait tourner ainsi, la grosse dynamo.
« Lorsque la nuit tombait, l’un des ouvriers baissait une manette qui était sur l’une des boîtes noires, et toute la place de la Mairie s’illuminait ! Elle s’éclairait avec des ampoules électriques ! C’était déjà le début du spectacle ! Ensuite le camionneur se transformait en opérateur de cinéma, il installait aux bouts des bras de la valise noire, devant la loupe, deux grosses bobines, une pleine et une vide ; lorsqu’elles se mettaient à tourner, en même temps que les hauts parleurs braillaient, des images rayées dans tous les sens apparaissaient sur l’écran. Des applaudissements et des cris instantanés venaient intensifier le bruit de la fête. C’est alors qui commençait le merveilleux film de Laurel et Hardy ! ».

La sirène du Mississipi

Film français de François Truffaut sorti en 1969 et dont une partie a été tournée à La Réunion.
Acteurs principaux : Jean-Paul Belmondo, Catherine Deneuve, Michel Bouquet.

En 2012 a été projeté à La Réunion le documentaire « Le mythe de la Sirène du Mississipi » qui revenait sur le tournage en présence de Paul Belmondo, fils de l’acteur et de nombreux figurants ou acteurs réunionnais comme l’ex-sénateur socialiste Albert Ramassamy. En savoir plus.

Synopsis du film "La sirène du Mississipi" (source Wikipédia)

Louis Mahé, un Français de La Réunion se marie grâce à une petite annonce à Julie Roussel. Quand celle-ci arrive à La Réunion à bord du Mississipi, Louis ne la reconnaît pas. Elle lui avoue lui avoir envoyé une fausse photo. Louis trouve le mensonge charmant et épouse Julie. Celle-ci disparaît avec tout son argent. Berthe, la sœur de Julie découvre que Louis n'a pas épousé sa sœur. Louis engage alors un détective privé, Comolli, pour retrouver sa femme. Il la retrouve de lui-même en France et découvre qu'elle s'appelle Marion et qu'elle travaille dans une boite de nuit. Elle lui avoue la supercherie et l'apitoie sur son sort en lui parlant de son enfance malheureuse et en lui apprenant que c'est son amant Richard qui a tué Julie et l'a forcée à prendre sa place. Louis tombe alors amoureux de Marion mais le détective privé qu'il avait lui-même engagé retrouve à son tour la trace de Marion. Pour protéger sa bien-aimée, il décide de tuer lui-même le détective. Marion et Louis s'enfuient à Lyon puis dans un chalet de montagne. Marion, trouvant cette vie désastreuse, souhaite partir mais Louis l'en empêche. Elle tente de l'empoisonner avec de la mort aux rats. Louis s'en aperçoit et lui avoue alors qu'il est prêt à mourir tant il est amoureux d'elle. Réconciliés, les deux amants partent ensemble à travers un paysage de neige.

Multiplexe

Complexe cinématographique, doté d’au moins 8 salles, souvent situé en périphérie des agglomérations et proposant des facilités d’accueil (parking, services marchands) ainsi que des salles dotées des technologies les plus récentes.
Si le premier multiplexe européen est ouvert en 1988 à Bruxelles, il a fallu attendre 1996 en France et… 2005 à La Réunion.

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Pour en savoir plus :

• COMBEAU Yvan, MAESTRI Edmond, Histoire de La Réunion de la colonie à la région, Nathan, 2002.
• COMBEAU Yvan (dir.), La Réunion sous la Troisième République. 1870-1940. Une colonie républicaine, Cresoi  – Océan éditions, 2005.
• COMBEAU Yvan (dir.), L’île de La Réunion dans le XXe siècle. Un itinéraire français dans l’océan Indien. Colonie. Département. Région, CRESOI-Université de La Réunion, 2009.
• MAESTRI Edmond, NOMDEDEU-MAESTRI, Chronologie de La Réunion. De la découverte à la départementalisation, CRESOI-SEDES, 2001.
• VAXELAIRE Daniel, Le grand livre de l’histoire de La Réunion, vol.2 de 1848 à l’an 2000, Orphie Editions, 2009.

Sites internet
Site de l’Institut Lumière
Citécinéma (sur l'histoire du cinéma)
Le Boucan (portail de l’histoire de La Réunion)

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