Ce site est le complément interactif du livre de Gilles Gauvin et Fabrice Urbatro : "Les grandes dates de l'histoire de La Réunion" (Epsilon éditions, 2013).

Les grandes dates de l'histoire de La Réunion
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1841 : Edmond Albius découvre la fécondation de la vanille

Sait-on vraiment que c’est un jeune esclave de douze ans, Edmond qui est à l’origine d’une découverte fondamentale pour l’économie agricole de La Réunion ? Ce jeune adolescent découvrit en effet comment féconder la vanille alors que de nombreux botanistes s’essayaient en vain à découvrir un procédé. Cela valut une grande notoriété à son maître, Ferréol Beaumont-Bellier, mais si Edmond – qui obtint le nom d’Albius en 1848 – fut le dépositaire d’un savoir qu’on lui demanda de transmettre à tous les propriétaires agricoles, il n’en fut pas pour autant récompensé puisqu’il termina sa vie dans une terrible misère.

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MOTS CLES :
Esclaves à talents
Noirs de pioche
Union illégitime
Taxe d'affranchissement
Monarchie de juillet

Esclaves à talents

Esclaves qui bénéficient d’une qualification professionnelle (forgerons, menuisiers, tailleurs de pierre, …)

Noirs de pioche

Esclaves destinés aux travaux des champs. Ils constituent la plus grande part des esclaves et ont les conditions de vie les plus difficiles.

Union illégitime

Fait de vivre en couple sans que cela ne soit reconnu par la loi.

Y a-t-il eu des histoires d’amour entre colons et esclaves ?

Beaucoup de femmes esclaves furent victimes de viols et d’abus de la part de leurs maîtres, mais dans ce monde de violence, il y eut quelques maîtres qui ont connu des histoires d’amour aves des esclaves. L’exemple le plus célèbre à La Réunion est celui de Niama, négresse de Guinée, petite fille de roi, qui fut affranchie par son maître, Jean-Baptiste Geoffroy, le jour de la naissance de leur enfant. Fruit de cet amour, Jean-Baptiste Lislet-Geoffroy (1755-1836) devint un scientifique renommé. Mais s’il était toléré que les Blancs aient pour concubines des esclaves, la chose fut totalement exclue pour les femmes blanches. En 1716, l’esclave Jacques Vol fut condamné à avoir les cinq doigts du pied gauche coupés car il s’était enfui avec une Blanche, Jeanne Lépinay. La jeune femme, consentante, fut condamnée à demander pardon publiquement à Dieu, au Roi et à la Justice, à genoux, en chemise blanche et un cierge à la main. Puis elle dut rester une heure sur un cheval de bois. Être femme, même chez les Blancs libres, n’était pas avoir des droits égaux à ceux des hommes !

Taxe d'affranchissement

Taxe imposée par l’Etat pour essayer de limiter le nombre d’affranchissements.

Dans toutes les colonies esclavagistes le groupe des affranchis devint de plus en plus important au fil du temps. L’affranchissement était un droit reconnu aux maîtres par le Code noir en France, reconnaissant ainsi la possibilité pour un esclave méritant d’obtenir la liberté. Mais face à l’augmentation de cette catégorie sociale, l’Etat royal commença en 1713 par imposer une autorisation administrative et un enregistrement écrit officialisé devant un juge ou un notaire. Cela n’empêcha en rien les affranchissements sans contrôle officiel. Dès lors en 1746 l’administration royale imposa une taxe de 1 000 livres pour un homme et de 600 pour une femme (portée à 2 000 livres en 1766 si la femme a moins de 40 ans). Mais cela n’empêcha en rien la multiplication des affranchissements. Il est cependant à noter que si les affranchissements touchaient les esclaves domestiques les esclaves à talent, ou les femmes ayant eu un enfant avec les maîtres, cela ne concernait presque jamais les noirs de pioche qui constituaient l’essentiel de la force productive des habitations.

Monarchie de juillet

Gouvernement de la France entre 1830 et 1848. Il est dirigé par Louis Philippe, proclamé roi des Français et non plus roi de France.

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Pour en savoir plus :

• COMBEAU Yvan, MAESTRI Edmond, Histoire de La Réunion de la colonie à la région, Nathan, 2002.
• EVE Prosper, L’amour à Bourbon à l’époque de l’esclavage, Océan Editions, 1998.
• EVE Prosper, Le Bruit du silence. Parole des esclaves de Bourbon de la fin du XVIIe siècle au 20 décembre 1848, CRESOI-Océan Editions, 2010.
• FUMA Sudel, L’esclavagisme à La Réunion. 1794-1848, L’Harmattan, 1992.
• FUMA Sudel, La révolte des oreilles coupées ou l’insurrection des esclaves de Saint-Leu en 1811, Océan Editions.
• GAUVIN Gilles, Abécédaire de l’esclavage des Noirs, Editions Dapper, 2006.
• GERAUD Jean-François, LE TERRIER Xavier, Atlas historique du sucre à l’île Bourbon / La Réunion (1810-1914), Cresoi – Océan éditions, 2010.
• MAESTRI Edmond, NOMDEDEU-MAESTRI, Chronologie de La Réunion. De la découverte à la départementalisation, CRESOI-SEDES, 2001.
• VAXELAIRE Daniel, Le grand livre de l’histoire de La Réunion, vol.1 des origines à 1848, Orphie Editions, 2009.

Sites internet
Iconothèque de l'océan Indien
Site du comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage
Le Boucan (portail de l’histoire de La Réunion)
Site du musée de Villèle

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